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PERSONNAGES / PEOPLE

PERSONNAGES / PEOPLE

JEAN DABOS

En évoquant mes premiers vol en Jodel en tant qu'élève pilote, je me dois d'écrire quelques mots sur Jean Dabos, que j'ai eu la chance d'avoir comme instructeur pour quelques (et trop rares) vols.

Ancien pilote de chasse dans les FAFL, il avait ensuite été pilote d'essai dans les années 50 à 70, devenant ainsi un acteur de la renaissance de l'insdustrie aérospatiale française.

Bien qu'ayant cotoyé Turcat, Sarrail, Perrier et tant d'autres, c'est en toute simplicité qu'il se rendait à l'aéro-club de Pont-Saint-Esprit pour enseigner avec passion et gentillesse sa science du pilotage. Son enthousiasme à instruire sur les D112 de 65cv était intact, des années après ses vols d'essais sur le Concorde.

En 1992, j'étais encore un adolescent réservé et pas très bien dans ses baskets. Et je me souviens de comment Mr. Dabos avait su me mettre en confiance, en trouvant les bons mots pour me permettre de corriger mes maladresses de pilotage.

Je regretterais juste de ne pas avoir fait parti de ses élèves à qui il a montré comment il passait tout en souplesse une barrique ou une boucle avec le 112...

Il avait gardé un esprit jeune, toujours jovial, et malgré nos 60 ans d'écart, j'avais l'impression de cotoyer un camarade de classe.

Je ne vais pas me lancer ici dans sa biographie complète, il y a en un déjà de très bien sur le web, dont cet excellent résumé:

http://www.aerobuzz.fr/spip.php?article2943

J'ajouterais juste quelques anecdotes que Jean m'a raconté le soir après les vols:

outre sa victoire homloguée sur un Messerscmitt 109, il fut aussi le premier pilote Français libre à engager le Messerscmitt 262 à réaction au combat. Le jet avait pu distancer son Spitfire Mk.IX en mettant plein gaz juste au moment où il obtenait un bonne position de tir.

Mais mon anecdote favorite est sa démonstration du Djinn (hélicoptère à propulsion à réaction en bout de pales) devant les autorités Suisses:

Pour démontrer les capacités de la machine, Jean Dabos va poser l'hélicoptère au sommet du Mönch, à 4107m. A son retour, les officiels helvètes qui suivaient ses évolutions aux jumelles, se montrent sceptiques quant à la performance réalisée.

Piqué au vif, Dabos redécolle avec un drapeau français qu'il retourne planter sur le Mönch... à son retour, ils invitent les observateurs à vérifier que le drapeau se trouve au sommet...

La présence des couleurs tricolores sur un des plus hauts sommets de Suisse n'a évidemment pas plu aux autorités suisses qui renvoit Dabos en France par le premier avion, tandis qu'une paire de chasseurs Vampire est envoyée mitrailler le drapeau français.

PERSONNAGES / PEOPLE

CARL GWARTNEY

Carl Gwartney est décédé à presque 93 ans le 18 Avril 2013, d'une mort naturelle et sans douleur, lui qui avait couru des risques insensés durant la seconde guerre mondiale.

En effet, Carl fut pilote de planeur d'assaut au-dessus de la Hollande en 1944, où les troupes aéroportées alliées subirent de lourdes pertes. Il était l'un des derniers survivants de ces courageux pilotes.

Il se trouve que Carl Gwartney avait appris à voler sur le TG2 (maintenant immatriculé N50796) sur lequel j'ai eu le chance de voler en Octobre 2011 grâce à la générosité de son propriétaire, Doug Fronius.

Doug m'avait par la suite communiqué les coorodonnées de Carl afin que je puisse l'interviewer. Malheureusement, cette interview n'avait pas été publiée avec l'article sur le planeur paru dans Vol à Voile Magazine en Août 2012.

Je livre donc ici la traduction du témoignage qu'il m'a accordé sur sa vie de pilote de planeur d’assaut durant la seconde guerre mondiale:

Carrière des planeurs sous le drapeau: témoignage Carl Gwartney, Lieutenant 2ie classe de l’Army Air Corps, pilote de Schweizer TG-2 puis de Waco CG-4 pendant la guerre

“J’ai appris à voler quand j’avais 18 ans. J’ai fait mon premier solo sur un Rearwin Sportster, mais j’ai aussi ensuite volé sur le Cub. Quand j’ai obtenu ma licence, j’ai acheté la moitié des parts d’un Aeronca 50 Chief.

Après l’attaque sur Pearl Harbor le 7 Décembre 1941, j’ai voulu m’inscrire sur les listes des cadets de l’Army Air Corps, mais je n’y ai pas été autorisé, comme je venais de me marier juste deux semaines plus tôt.

Le 9 Juin 1942, j’ai enfin été enrôlé, mais, à ma grande surprise, comme pilote de planeur. Tout ce que je savais à l’époque des planeurs, c’est que ça pouvait voler…

J’ai été envoyé à Lowrey Field (Texas), qui était un point de rassemblement du 8ie Corps Aérien, et ensuite à Fort Morgan, Colorado. Là, nous avons commencé à voler sur les 3 types d’aéronefs légers utilisés à l’époque par l’armée : Aeronca, Taylorcraft et Piper Cub. On volait essentiellement dans le tour de piste, coupant le moteur en vol pour se poser en plané. Je ne me rappelle pas combien d’heures nous avons volé ainsi, mais à l’issue de cet entrainement, tous les gars dans mon unité savaient voler.

Ensuite, on a été envoyé à 29 Palms (Californie) pour l’instruction planeur proprement dite.

Chacun a effectué 17 heures de vol avant d’être nommé Sergent pilote de planeur (S/Sgt). La suite de la formation était à Albuquerque, Nouveau Mexique, où on a volé sur des planeurs intermédiaires avant de rejoindre Dalhart, Texas pour l’entrainement sur le Waco CG4A. Le problème était qu’aucun CG4A n’était disponible, donc on a encore volé sur Cub jusqu’à ce qu’on en obtienne un. Le lieutenant en charge de la formation a d’abord volé seul avec, puis nous a tous qualifié dessus.

On est sorti de Dalhart avec le grade de première classe et, de là, on est parti pour Maxton Larinberg, en Caroline du Nord. On s’est alors entrainé avec la 82ieme division aéroportée. On transportait des jeeps et des canons d’artillerie de 75. Un matin, j’ai emmené le Général Arnold pour un vol de démonstration. Notre unité a ensuite formé le 313 ieme groupe du 29 ieme escadron.

Enfin, le 13 Mai 1943, on est parti pour l’Afrique du Nord à bord du USS America avec la 82ieme aéroportée. Arrivé à Casa Blanca, on s’est ensuite dirigé vers Oudja (Maroc) puis vers Kairowan en Tunisie en vu du débarquement en Sicile... l’invasion a eu lieu en Juillet, mais notre dotation de planeur a été donnée aux Anglais.

Les pilotes des avions de transport du 313ieme ont eux embarqué des gars de la 82ieme pour 2 missions de parachutage de nuit.

Arrivés à Trappani en Sicile, on a continué à s’entrainer, et les pilotes de planeurs ont même reçu 10 heures d’instruction comme pilote de Douglas C-47. Pendant ce temps, les pilotes d’avion opérationnels continuaient les missions de largage para sur l’Italie.

L’étape d’après a été l’Angleterre. Encore une fois, les pilotes d’aviation de notre unité ont effectué du largage para le Jour-J, pendant comme nous sommes restés en réserve comme pilote d’avion.

Le 8 Septembre 1944, les pilotes de planeur de le 313ieme ont été envoyés en Hollande (dans le cadre de l’opération Market Garden). Pour ma première mission de guerre, j’ai transporté 4 médecins et 1 jeep dans un planeur rempli de matériel médical. Une fois posé, je n’ai pas pu sortir du planeur. De plus, nous avions atterri au milieu d’un échange de tirs. Mon copilote, un sergent de la 82ieme aéroportée, a réussi à casser sa fenêtre latérale et nous avons pu nous extraire par là. Après, on a pu ouvrir l’avant du planeur, et on est parti à la recherche du quartier général à bord de la jeep. Une fois que nous avons trouvé les troupes alliées, on (6 pilotes de mon unité) nous a assigné à la garde de 300 soldats allemands capturés. Ensuite, on s’est retrouvé en première ligne, avec les commandos aéroportés.

Nos ordres étaient de retourner en Grande-Bretagne par n’importe quel moyen pour remmener plus de planeurs. Un camion a commencé à transporter les pilotes de planeur en dehors de la zone de combat, mais à ce moment là, les Allemands ont coupé la route Eindhoven-Nimègue (la tristement célèbre « Hell’s Highway »). Quinze pilotes ont du se mettre à couvert dans un fossé pendant un certain temps. On a pu ensuite atteindre Veghel. Deux jours plus tard, on est arrivé à Bruxelles mais on a manqué le vol de retour. Finalement, on a trouvé une place dans un avion de la RAF en partance pour le Sud de l’Angleterre. De Londres, nous avons pris le train pour Granthen où se trouvait notre base.

J’ai été envoyé en France avec un autre Lieutenant et 28 hommes pour préparer une base et y acceuillir le 29 ieme escadron. Là, on s’est entrainé sur des planeurs de transport lourd CG-13, mais ils n’ont jamais été utilisés au combat comme les Allemands avaient descendu un bon nombre des Curtiss C-46 Commando, seuls capable de les remorquer. Les seules missions de guerre du 313ieme où les planeurs ont été engagés ont été au-dessus de la Hollande.

Après la fin de la guerre en Europe, 4 pilotes de planeurs ont été maintenu à Blackpool en Angleterre.

Il était ensuite prévu de nous associer à l’invasion du Japon, mais les bombes atomiques ont mis fin à ce projet.

Je suis revenu à la maison à bord du USS Richardson, et j’ai été rendu au civil le 22 Octobre 1946.

En fait, j’ai fait parti de la dernière promotion à voler sur TG-2 à 29 Palms. Après, des TG-5 et TG-7 ont été utilisés parce que le vol à voile n’était d’aucune utilité pour notre mission de combat : le but après le largage était de rejoindre le sol le vite que vous pouviez!

J’ai eu la chance de ne jamais avoir une égratignure, bien que mon casque ait reçu 2 éraflures au moment où les Allemands ont décidé de traverser Hell’s Highway.

On était entrainé à transporter hommes et matériels, mais aussi à combattre au côté des troupes au sol que nous avions débarqué si nécessaire. Nous étions entrainés au tir, avec des armes de poing jusqu’au 75 Holster mais aussi des armes automatiques comme la mitrailleuse M3 (appelée la « graisseuse ») et autres armes utilisées par les unités aéroportées. »

Après ce témoignage d’une sobriété qui force le respect, il est important de rappeler que les pilotes de planeur Américains et Britanniques ont payé un lourd tribut à la victoire. En ces temps d’apocalypse où la vie humaine ne valait pas chère, les généraux préparant le débarquement avaient estimé que le transport de soldats par planeur était « rentable » si les pertes n’excédaient pas 50%... au moment du débarquement en Normandie, ces chiffres n’ont pas été loin d’être atteints. Ces fragiles appareils lourdement chargés étaient des proies sans défense pour la DCA adverse, et une fois posés dans leurs prairies dégagées, leurs occupants restaient des cibles faciles. Sans parler des accidents au moment de se vacher dans ces conditions extrêmes, à plus de 10 dans le même champ…

http://www.youtube.com/watch?v=IFGQE_cUt28

MICHEL TRIAL

Michel a trouvé la mort au cours d'une randonnée dans les montagnes qu'il aimait temps et qu'il connaissait si bien, d'en bas comme d'en haut.

Michel est l'un des plus formidables instructeurs de vol à voile que je n’ai jamais eu. Il apprenait à ses élèves tout son art sans omettre ses astuces personnelles. Ceci doit être salué dans un milieu sportif ou chacun a tendance à garder ses petits secrets dans l'espoir de "rester le meilleur".

Rien de ça avec Michel, dont la progression de ses élèves (dont certains sont devenus, comme lui de très grands vélivoles) était un des plus grands plaisirs.

Je me souviens d'un superbe vol avec lui, au départ de Fayence bien sur, où on avait tourné à Prarayer avec le Janus CE, en terminant par une vache au Rosiers...

Expérience inoubliable.

En parallèle de son rôle d'instructeur, il réalisait aussi pour lui des vols de performances. Il a entre autre signé le premier trianle FAI de 1000km dans les Alpes (sur ASH25, en Juillet 2003)

La disparition de Michel va laisser un vide dans le monde vélivole ... turpitude, comme il l'aurait lui-même dit.

http://www.aapca.net/Michel-TRIAL-nous-a-quitte.html

ALAIN AMIOT

Alain m'a donné mon premier cycle voltige en 2008. Il m'a laissé le souvenir d'un instructeur toujours calme, avec une parfaite maîtrise des évolutions de l'avion, en particulier au cours de la leçon sur le vrille à plat, où nous avions tout de même exécuté 9 tours...

Les récits de ses vols en tant que pilote militaire, notamment comme instructeur sur Mirage 2000B, m'avaient également passionné.

Alain éttai également un des fondateurs de la patrouille REVA sur Acroeze.

C'est avec tristesse que j'ai appris son décès survenu lors d'un vol en CAP10 au départ de Dijon-Darois, le 11 Septembre 2014.